COUP de Grâce : La mairie se manifeste enfin et le Grenier à Sons se meurt …
Si la place du Grenier à sons, ses missions et activités sont questionnées depuis plus d’un an et demi par la ville de Cavaillon, aucune position n’avait été arrêtée. Le 15 juillet, une décision de la ville est annoncée officiellement : le Grenier à Sons sera mis à la porte le 15 octobre prochain. Le 16 juillet, une autre décision est actée : aucune subvention ne sera attribuée pour le maintien ou l’évolution des activités et missions via le projet territorial Le MAT ; ce projet est intéressant pour le territoire, mais pas suffisamment pour que la Ville y contribue financièrement.
Aujourd'hui, l’association se voit dans l'obligation de cesser toute activité, et de chercher dès à présent des solutions de reclassement pour ses salariés. Mais la mairie, n’avait-elle pas annoncé qu’elle veillerait à ce qu’il y ait « le moins de casse sociale possible » ?
La mairie décide, l’association assume
Il y a plus de 15 ans, la ville de Cavaillon (administrée alors par Maurice Bouchet) se soucie de proposer un projet musical à destination des jeunes dans une dynamique de proximité. De cette volonté politique, naît Le Grenier à Sons. Depuis, des conventions sont régulièrement renouvelées avec la Ville, l'Etat, le Département et la Région, actant que l’association se charge de remplir et développer des missions dites « de services publics ».
Dans le cadre de la refonte de sa politique culturelle il y a quelques mois, la mairie annonçait une étude sur la mutualisation de la Scène Nationale et du Grenier à sons. La ville s’était alors engagée publiquement (en conseil municipal et par voie de presse) à faire en sorte qu’il n’y ait pas de « casse sociale ». Mais à ce jour, ni la municipalité ni la Scène nationale, ne garantissent dans l'immédiat des transferts, des reclassements ou un partage des responsabilités. Elle estime désormais que ce n'est plus de son ressort et que la Scène Nationale aura à se positionner pour un éventuel reclassement effectif à compter du 1 janvier 2011.
Le MAT, un projet intéressant, mais pas à Cavaillon
Depuis 9 mois, un projet territorial et coopératif appelé le MAT (Musiques Actuelles et Territoire), a été élaboré et proposé en association avec d'autres acteurs de musiques actuelles du territoire (La Gare, Akwaba), avec le concours de la Fédurok et de l'agence ORAMA. Malgré le fort soutien du Département du Vaucluse, de la Région PACA et de la DRAC, la Ville de Cavaillon annonce poursuivre son idée de renforcer la Scène Nationale pour la diffusion, mais aussi (nouveauté depuis la réunion du 16 juillet) le Conservatoire, pour confier les missions d’accompagnement des pratiques amateurs et d’apprentissage musical.
Aussi, les objectifs et missions de « service publics » suggérés dans le projet Le MAT sont selon la municipalité « intellectuellement intéressants », mais pas assez pertinents pour y allouer des moyens financiers. Dans ce projet de coopération, étaient assurées de réelles économies (réalisée dès cette année), en intégrant les problématiques financières de la ville, tout en faisant évoluer les services actuellement proposés par le Grenier à Sons.
Cette décision de retrait presque total de la ville (des locaux pourraient être mis à disposition pour Le MAT), survient subitement alors que la municipalité s’est avérée particulièrement silencieuse lors des temps de concertation (initiés par Grenier à Sons et ses partenaires) ces 6 derniers mois.
Un avenir compromis
Outre l’avenir même de l'association, il s’agit d’une remise en question considérable de l’emploi de ses six salariés, et de plusieurs dizaines d’emplois extérieurs prévus sur l’année (artistes, techniciens son et lumières, intervenants), ainsi que toutes les collaborations avec les partenaires culturels, sociaux et éducatifs. C’est ainsi que le Grenier à Sons, quelles que soient les perspectives possibles dans le projet sud Vaucluse du MAT, envisage des mesures de précaution et œuvre au devenir de l’équipe salariée en travaillant à leur reclassement dès à présent.
Les conséquences de cette volonté manifeste de désengagement, parvenue dans une période plus que défavorable, laisse peu de choix et de marge de manœuvre à l’association. Elles se feront sentir à très court terme pour le personnel salarié, les publics, les musiciens, les populations et plus largement le territoire.
Le dossier complet est en ligne : http://www.grenier-a-sons.org/grenierendanger.htm
Le Grenier à Sons
Scène de Musiques Actuelles
157, avenue du Général De Gaulle
BP 20 022
84 300 CAVAILLON cedex
Tel 04 90 06 44 20 / Fax 04 90 06 44 21
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www.grenier-a-sons.org